Pontivy Si j'étais Président de la République... Jean-Pol Guidevay veut remettre l'Homme à sa place

Militant écologiste, Jean-Pol Guidevay se qualifie volontier de « citoyen consom'acteur ». Pontivyen de 70 ans, il est aussi l'ancien président fondateur de la biocoop Callune de Pontivy et membre d'Eau et rivières de Bretagne.

16/02/2017 à 15:38 par Franck Baudouin

Jean-Pol Guidevay est l'un des cofondateurs de la biocoop Callune de Pontivy. -
Jean-Pol Guidevay est l'un des cofondateurs de la biocoop Callune de Pontivy.

« Après avoir voté consciencieusement pendant 50 ans et vu élire six présidents que j’ai critiqués souvent, j’en étais à me demander si je devais participer à l’élection d’un septième (tant le fameux slogan « Élections piège à cons » me paraissait plus que jamais justifié), quand on m’a proposé d’occuper cette rubrique. Je me suis dit alors que je pouvais tenter cette nouvelle chance de faire avancer les idées que je défends depuis si longtemps.

J’ai relu les déclarations des derniers invités de la rubrique et je me suis aperçu qu’ils avaient déjà fait beaucoup de propositions que j’avais en tête. Comme Gilbert Diabat qui estime qu’il y a assez de place pour tous sur la Terre et propose une meilleure répartition du travail pour travailler tous avec un vrai salaire. Mickaël Jéhanno qui souhaite pour nos enfants davantage d’activités artistiques pour une France plus souriante, plus solidaire et plus accueillante. Gilbert Le Jéloux qui veut remettre les choses à l’endroit en redonnant de la valeur au travail manuel et en combattant les lobbies qui freinent le développement de l’agro-écologie et des énergies renouvelables et transforment le citoyen-électeur en consommateur.

La planète en danger

Que dire de plus ? J’ai trouvé la solution : si j’étais Président, je les prendrais dans mon gouvernement. Et avec eux, tous ceux qui, parfois depuis des décennies, travaillent dans l’ombre à contre-courant dans de multiples associations pour essayer de modifier la trajectoire suicidaire d’une humanité qui après avoir passé des millénaires à s’entretuer met désormais sa planète en danger.

Avec leur aide, en profitant de l’élan donné en France par la COP 21, je pourrais accélérer l’évolution des mentalités pour arriver à remettre l’Homme à sa vraie place sur la Terre : pas au-dessus mais à côté des autres espèces vivantes, simple maillon dans l’écosystème planétaire, mais un maillon dangereux du fait de sa capacité de nuisance supérieure à celle des autres.

Quelques exemples parmi les plus actives :

- Pour l’agroécologie et l’alimentation, la biodiversité, la qualité de l’eau et des sols: les agronomes de Solagro pour leur scénario Afterres 2050, ceux du RAD (réseau agriculture durable) et de la FNAB (agriculture biologique), les scientifiques de la FNE (fédération nationale de l’environnement).

- Pour les énergies renouvelables et la sortie du nucléaire et la lutte contre le réchauffement climatique : Négawatt pour son scénario 100% renouvelables en 2050, Greenpeace, réseau Sortir du nucléaire et réseau Action climat.

- Pour une juste fiscalité et la récupération des 60 à 100 milliards d’euros de manque à gagner du fait de la spéculation boursière et de la fraude, de l’évasion et de l’optimisation fiscales : les Economistes atterrés, ceux de l’association ATTAC, Thomas Piketty et le père jésuite Gaël Giraud, auteurs parmi d’autres, de livres bien documentés sur la finance dévoyée.

- Pour l’emploi pour tous et un revenu d’existence : Pierre Larrouturou et Dominique Méda, avocats de la réduction du temps de travail avec partage équitable des revenus et des chefs d’entreprises qui l’ont mis en œuvre avec succès depuis la loi Robien en 1996.

- Pour mieux accueillir les migrants et réduire leur nombre en favorisant la paix et le développement local : CIMADE et RESF, OXFAM et CCFD-Terre solidaire pour l’aide au développement et la lutte contre l’évasion fiscale vers les pays riches.

La croissance ne sauvera plus la France

Si j’étais Président, je n’invoquerais donc plus comme les précédents la sacro-sainte croissance pour régler tous nos problèmes en vous faisant croire que le bonheur est dans la consommation. Comme le poète, au contraire, je crois que le bonheur est dans le pré et dans la biodiversité qui recule depuis des décennies devant la progression du bitume et du béton qui, selon les enquêtes d’opinion, rendent nos concitoyens de plus en plus moroses.

Je laisse donc travailler pour un juste salaire tous ces gens de bonne volonté qui font la richesse de la France et je m’en vais pendant qu’il est temps suivre ce conseil de Julien Gracq : Tant de bras pour transformer le monde mais si peu de regards pour le contempler ».

56300 Pontivy

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