Pontivy Espace Kenere : la princesse et la truelle

La truelle commémorative de la pose de la première pierre de l'église Saint-Joseph datant du Second Empire est enfin visible. La pièce historique datant de 1860 est désormais exposée à l'espace Kenere.

17/03/2017 à 10:36 par Franck Baudouin

Christine Le Strat a inauguré l'exposition, jeudi 9 mars, à l'espace Kenere. En bas, à droite, Bernard Delhaye a prêté une médaille commémorative sur la pose de la première pierre de l'église Saint-Joseph. -
Christine Le Strat a inauguré l'exposition, jeudi 9 mars, à l'espace Kenere. En bas, à droite, Bernard Delhaye a prêté une médaille commémorative sur la pose de la première pierre de l'église Saint-Joseph.

« Cette magnifique truelle, récemment acquise par la Ville, est en quelque sorte le prolongement concret de ce passé impérial qui continue de faire notre fierté », se félicite Christine Le Strat, le maire. Jeudi 9 mars, l’espace Kenere a été le théâtre du vernissage de l’exposition consacrée à cette truelle commémorative.

De la Cour à Colpo

Cet objet a peut-être appartenu à la cousine de Napoléon III. Surnommée Mme Napoléone, Napoleone Elisa Bacciochi était la cousine germaine de l’empereur Napoléon III. À la suite du suicide de son fils en 1853, elle quitte la Cour et s’installe à Colpo, à une trentaine de kilomètres au sud de Pontivy.

Cette truelle est un bel objet en vermeil (argent recouvert d’or). Le manche est rond. Sur la partie haute de la lame, les armes napoléoniennes se remarquent immédiatement. Une longue inscription rappelle le contexte dans lequel elle a été réalisée. On y lit que le 29 juillet 1860, la princesse Napoléon Bacciochi, accompagnée de MM. Rouland (ministre de l’Instruction publique et des cultes), Poriquet (préfet du Morbihan), Varcollier et Durand (architectes), a posé la première pierre de l’église de Napoléonville.

Le rôle de Mme Napoléone

L’église Notre-Dame-de-Joie étant devenue trop vétuste et exiguë, les paroissiens s’en sont remis à la générosité de l’empereur Napoléon III pour la construction d’une nouvelle église dans le quartier napoléonien. À l’été 1858, lors d’un court séjour à Pontivy, l’empereur Napoléon III accepte d’octroyer 400 000 francs pour la construction d’un nouvel édifice religieux à Pontivy. Dans les mois qui suivent, la princesse Bacciochi joue un rôle fondamental dans le choix de l’architecte parisien Marcellin-Emmanuel Varcollier, qu’elle impose comme maître d’œuvre de la future église Saint-Joseph au détriment de l’architecte local initialement pressenti, M. Marsille.

Adjugée à 1 625 euros

Le 29 juillet 1860, en l’absence de l’Empereur, elle participe donc naturellement à la cérémonie de pose de la première pierre dans le square Lenglier. Cette truelle lui a été probablement offerte en souvenir à l’issue de la cérémonie.

La truelle s’est retrouvée mise en vente, le 20 novembre 2016, à Fontainebleau, par la société de ventes aux enchères Osenat. Jusque-là inconnue des services de la Ville et des historiens locaux, la truelle commémorative était estimée entre 1 000 et 1 500 euros. Rapidement informés de la vente aux enchères de Fontainebleau, les Amis de Pontivy ont tout de suite assuré la municipalité de leur soutien. Sur les 1 300 euros, prix auquel la ville a remporté les enchères (1 625 euros frais de vente compris), l’association a décidé de participer à hauteur de 800 euros.

56300 Pontivy

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